Bell and Ross : l'horlogerie au style rétro
Bell and Ross, montres nées à Paris en 1992 : histoire, collections au style rétro, prix et conseils pour acheter en seconde main et les porter en vintage.

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Bell and Ross est une maison horlogère née à Paris en 1992, fabriquée en Suisse à La Chaux-de-Fonds. Elle s’est fait connaître avec ses montres carrées inspirées des instruments de bord d’avion, puis avec une ligne au style rétro (BR V1, BR V2, BR V3) qui puise dans les cadrans militaires des années 40 à 70. Comptez en général de 2 000 à 6 000 euros pour un modèle neuf en acier, et souvent moins en seconde main.
Bell and Ross intrigue les amateurs de vintage pour une raison simple : la marque est jeune, mais tout son vocabulaire visuel regarde vers le passé. Cadrans noirs mats, chiffres luminescents épais, aiguilles en forme de glaive, bracelets en cuir patiné ou en toile militaire. Ses fondateurs, Bruno Belamich et Carlos Rosillo, ont bâti un univers qui emprunte aux cockpits, aux plongeurs et aux pilotes de l’après-guerre. Pour qui compose une tenue d’inspiration années 50 ou 70, la question se pose donc vite : ces montres ont-elles leur place dans une garde-robe rétro, et lesquelles choisir ?
D’où vient Bell and Ross : une histoire courte au style ancien
Le nom réunit deux surnoms d’amis d’études, Bell pour Belamich, Ross pour Rosillo. Au début des années 90, les deux Parisiens s’associent à l’horloger allemand Sinn, réputé pour ses montres d’aviation, et signent leurs premiers modèles sous double nom. Ce partenariat donne le ton : des montres d’outil, pensées pour la lisibilité avant l’ornement.
À la fin de la décennie, la maison Chanel entre au capital et la production s’installe en Suisse, à La Chaux-de-Fonds, berceau de l’horlogerie mécanique. Le vrai tournant arrive en 2005 avec la BR 01, une montre au boîtier carré de 46 mm qui reproduit un altimètre de tableau de bord. Ce modèle, puis la BR 03 plus portable, fixe l’image de la marque pour vingt ans.
Le paradoxe est là : Bell and Ross n’a pas de pièces anciennes à proprement parler, puisque ses plus vieux modèles ont à peine trente ans. Son caractère vintage tient au dessin, pas à l’âge. C’est un point utile à garder en tête quand on parcourt les annonces d’occasion qui promettent une « Bell and Ross vintage ».
Les collections qui parlent le langage des décennies passées
Toutes les lignes ne se valent pas pour une allure rétro. Certaines assument un design très contemporain, d’autres reprennent fidèlement les codes des montres militaires d’autrefois. Ce tableau aide à les situer.
| Collection | Inspiration d’époque | Allure au poignet | Accord vestimentaire |
|---|---|---|---|
| BR V1 et BR V2 | Montres de terrain et de plongée des années 50 et 60 | Boîtier rond, lunette fine ou tournante, dôme bombé | Chemise en oxford, cardigan, veste chore, costume en tweed |
| BR V3 | Chronographes de pilotes des années 60 et 70 | Rond, plus sportif, compteurs contrastés | Blouson en cuir, pull col roulé, jean brut |
| BR 03 et BR 05 | Instruments de cockpit, horloge d’avion | Carré, graphique, très reconnaissable | Vestiaire workwear, blouson aviateur, silhouettes épurées |
| Séries Heritage et Golden | Cadrans patinés, index couleur crème vieillie | Teintes chaudes, aspect « déjà porté » | Tons camel, kaki, marron, bracelet en cuir vieilli |
Pour un vestiaire inspiré des années 40 à 60, les modèles ronds de la ligne V sont les plus naturels. Leur diamètre autour de 38 à 41 mm reste proche des montres d’époque, alors que les boîtiers carrés de 42 mm ou plus affirment un style d’instrument qui se marie mieux au workwear qu’à une robe trapèze ou un costume trois pièces.
Repérer les détails qui donnent un air d’époque
Ce qui fait l’effet vintage d’une Bell and Ross tient à quelques choix précis, que l’on retrouve d’une collection à l’autre :
- La matière luminescente teintée : un vert sable ou un beige rappelle le radium ou le tritium des montres anciennes, sans leurs inconvénients.
- Le verre bombé : sur certaines références, il imite les verres en plexiglas des années 50 et crée des reflets doux.
- Les chiffres arabes larges : hérités des montres d’observation militaires, ils privilégient la lecture rapide.
- Le bracelet : cuir vieilli, toile tissée ou caoutchouc, il change à lui seul l’époque évoquée par la montre.
Le bracelet mérite qu’on s’y attarde. Une même BR V2 sur un cuir marron à coutures épaisses évoque un officier de marine des années 60, tandis que sur une toile kaki elle penche vers l’équipement de terrain. C’est le levier le plus simple pour accorder la montre à une tenue sans changer de garde-robe.
Acheter une Bell and Ross en seconde main sans mauvaise surprise
Le marché de l’occasion est vaste, et c’est souvent par lui que les amateurs de pièces rétro découvrent la marque. Les prix y sont plus doux : selon l’état et la référence, une BR 03 ou une BR V2 se négocie fréquemment entre 1 500 et 3 500 euros, quand le neuf grimpe plus haut. Ces chiffres restent des ordres de grandeur qui varient selon les séries limitées et la présence des accessoires d’origine.
Avant de conclure, quelques vérifications s’imposent. Le numéro de série gravé sur le fond du boîtier doit correspondre à la carte de garantie. La boîte et les papiers ajoutent de la valeur et rassurent sur la provenance. Le mouvement, généralement d’origine Sellita ou ETA retravaillé, gagne à avoir été révisé récemment : une révision complète chez un horloger coûte souvent plusieurs centaines d’euros, à intégrer au budget. Enfin, une finition grossière des index ou une lunette qui tourne mal sont des signaux d’alerte, la marque étant régulièrement copiée.
Un vendeur sérieux accepte sans difficulté de montrer le fond du boîtier, le fonctionnement de la couronne et, pour un chronographe, le retour à zéro des aiguilles.
Une montre qui se transmet plutôt qu’elle ne se remplace
Ce qui rapproche une Bell and Ross d’une belle robe des années 50 trouvée en friperie, c’est la durée. Une montre mécanique bien entretenue fonctionne plusieurs décennies, se répare, change de bracelet au gré des saisons et finit souvent par passer d’un poignet à l’autre dans une famille. Cette logique de pièces choisies pour durer, remises en état plutôt que jetées, irrigue toute une manière de s’habiller avec moins mais mieux, et pour explorer cette façon de composer une garde-robe responsable autour de pièces fortes, cliquez ici pour en savoir plus.
Dans un vestiaire vintage, la montre joue d’ailleurs le même rôle qu’un sac en cuir ou qu’une paire de mocassins bien cirés : elle traverse les tendances, et sa patine raconte les années passées avec elle.
Bell and Ross est-elle une marque française ou suisse ?
Les deux à la fois. La marque a été fondée à Paris, où se trouvent encore son siège et son studio de création, mais ses montres sont assemblées en Suisse, ce qui leur permet d’afficher la mention Swiss Made.
Quel modèle choisir pour accompagner une tenue d’inspiration années 50 ?
Les références rondes de la ligne V, comme la BR V1 ou la BR V2, sont les plus adaptées. Leur taille modérée, leurs index crème et leur bracelet en cuir s’accordent naturellement avec les coupes et les matières de cette époque.
Une Bell and Ross garde-t-elle sa valeur avec le temps ?
La plupart des modèles courants perdent une partie de leur prix à la revente, comme beaucoup de montres neuves. Les séries limitées, les versions en bronze ou certaines éditions aviation résistent mieux, sans que cela constitue une garantie de placement.
Comment distinguer une vraie Bell and Ross d’une copie ?
Il faut examiner la netteté des gravures, la qualité de la luminescence, le poids du boîtier et la cohérence entre le numéro de série et les papiers. En cas de doute, l’avis d’un horloger ou d’un revendeur agréé reste la solution la plus sûre.
À quelle fréquence faut-il faire réviser une montre mécanique de ce type ?
Les horlogers recommandent en général une révision tous les cinq à sept ans, plus tôt si la montre avance ou retarde nettement, ou si elle a été exposée à l’eau sans contrôle de son étanchéité.
L’auteur
Cordonnier restaurateur
Je remets en état des paires des années 40 et 50 dans mon atelier. Je raconte comment reconnaître un cuir sain, une semelle d'origine et ce qui peut encore être sauvé.
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